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31/01/2023
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Communiqué Solidarité des Travailleurs Cubaines

Comunicado entregado por Solidaridad de Trabajadores Cubanos a los sindicatos franceses en ocasion del !ro. de Mayo/2022

Solidarité des Travailleurs Cubains

Traduction libre réalisée par l’AFDC

Une fois encore, le régime cubain exhorte les travailleuses et travailleurs cubains à venir à la soi-disant « Place de la Révolution » pour défiler le 1er mai, en commémoration de la Journée Internationale des Travailleurs. Après deux ans sans ces défilés habituellement organisés par le régime, celui-ci tentera de transformer en farce cette date importante, internationalement consacrée à la lutte ouvrière pour les droits et revendications des travailleurs, et en faire une marche pour « l’héroïsme de la résistance et le triomphe inspirateur de la créativité collective, pour les vaccins et les vaccinés » selon les déclarations du Président de la République Miguel Diaz-Canel, ce qui n’a rien à voir avec les véritables revendications pour les droits des travailleuses et travailleurs cubains, qui sont constamment violés.

Il y a soixante-trois ans avait commencé une période d’espoir. L’espoir qu’un nouveau jour se levait pour le peuple : un jour qui offrirait la reconnaissance de tous les droits pour chacun des travailleurs et qui verrait la constitution d’une Confédération de travailleurs de Cuba véritablement libre et indépendante des partis politiques et de l’État. Cependant, le régime cubain a fait tout le contraire en créant, dans le style soviétique, la Centrale des Travailleurs Cubains (CTC). Sous ce schéma toujours d’actualité, la réalité du mouvement syndical cubain et la situation des travailleuses et travailleurs sont très différentes des promesses de la Révolution et se caractérisent entre autres par :

• Un syndicat et une pratique syndicale totalement subordonnés à l’autorité du parti communiste cubain et des autorités gouvernantes ;

• des statuts de la Centrale des travailleurs de Cuba (CTC) qui établissent que « la CTC et les syndicats reconnaissent de façon ouverte et consciente la direction supérieure du Parti comme l’avant-garde et la plus haute organisation de la classe ouvrière. Ils accueillent, adoptent et suivent sa politique. » ;

• un syndicat qui représente en premier lieu les intérêts politiques et économiques du gouvernement, et non pas ceux des travailleurs ;

• un État qui ne reconnaît aucune organisation syndicale indépendante. La CTC est la seule organisation syndicale reconnue. Elle est structurée, orientée et contrôlée par le Parti communiste de Cuba. Aucune expression indépendante du syndicalisme est acceptée pour collaborer avec la CTC ou pour participer à ses projets ;

• l’absence de droit de grève : il n’est reconnu ni dans la Constitution cubaine, ni dans le Code du travail, ni dans les statuts de la CTC ;

• des relations travailleurs-patrons sont entièrement régies par le gouvernement, que ce soit dans le cas des travailleurs employés par les entreprises d’État, par les entreprises étrangères ou mixtes, par des entreprises privées. Il n’existe pas de convention collective entre l’entreprise et le syndicat. Il n’y a pas d’offre libre pour le travail individuel. Dans les entreprises d’État comme dans les entreprises étrangères, le poste, la promotion, la rémunération et les opportunités offertes au travailleur dépendent du degré d’adhésion du travailleur à la direction politique du gouvernement.

• des conflits dans les relations de travail sont résolus en accord avec la ligne du parti. Il n’existe pas de stabilité de l’emploi : le poste occupé dépend de la ferveur politique du travailleur, de l’autorité politique locale ou de la nécessité d’accomplir des plans de production orientés par le gouvernement ;

• aucune régulation du repos hebdomadaire ni du temps de travail hebdomadaire maximum, puisqu’aux termes des accords pris par les différents organismes gouvernementaux, la journée de travail s’étend à 10 heures par jour. De plus, les orientations du gouvernement/parti exigent constamment la mobilisation des travailleurs pour diverses activités de production et service qui augmentent la durée de la journée de travail à un temps indéterminé, mobilisation qui n’exclut pas les samedis et les dimanches ;

• l’exploitation par le gouvernement, de manière injuste et indiscriminée, des travailleurs, notamment du secteur médical, qu’ils exportent dans d’autres pays avec des conventions commerciales, où ces travailleurs sont, en pratique, des esclaves. La plus grande partie de leur salaire remplit les caisses de l’État. Cette situation a été reconnue aujourd’hui par des organismes régionaux et internationaux comme étant injuste et inhumaine.

Ces dernières années, et en particulier depuis le 11 juillet 2021, beaucoup de syndicalistes indépendants ainsi que des centaines d’activistes de la société civile, de journalistes indépendants et des jeunes et des adultes dont le seul crime est de désirer un Cuba nouveau, sans totalitarisme, restent injustement emprisonnés. Ils ont été jugés lors de procès expéditifs et très lourdement condamnés à des peines de prison disproportionnées, simplement parce qu’ils pensaient et agissaient de manière différente de celle dictée par le gouvernement.

Pour la Solidarité des Travailleurs Cubains, toutes ces violations dont souffre le mouvement des travailleurs dans l’île sont un exemple de plus de ce dont le gouvernement néo-totalitaire/mafieux actuel est capable pour rester au pouvoir et maintenir, réprimer, exploiter et emprisonner non seulement les travailleuses et travailleurs cubains, mais tous ceux qui essaieraient de penser différemment et voudraient un Cuba meilleur où la dignité de la personne humaine serait respectée.

Il est temps que les syndicats véritablement démocratiques et libres du monde entier ainsi que l’organisation internationale du travail (OIT) affrontent fermement cette situation de violations continues et flagrantes des droits de nos frères et sœurs travailleurs à Cuba, en les condamnant publiquement et en réclamant l’arrêt immédiat de ces pratiques et la libération de tous ceux qui sont aujourd’hui en prison, dont la seule aspiration est de vouloir vivre librement et dignement.

Secrétariat du STC, 1er mai 2022

Président Juan Antonio Francés

Secrétaire exécutif Siro del Castillo